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Les perturbateurs endocriniens: Pourquoi, qui sont-ils et comment les éviter (le plus possible).



Des milliers de produits chimiques ont vu le jour durant le siècle dernier et se retrouvent actuellement dans notre environnement. Bien que la plupart d'entre eux ont été testés et sont considérés comme sécuritaires dans les dosages autorisés, nous en savons malheureusement très peu sur les mélanges de ces produits et les effets de leur accumulation dans notre corps à long terme. Certains sont des perturbateurs endocriniens reconnus, signifiant qu'ils ont la capacité de «mimer» certaines hormones dans le corps et peuvent ainsi engendrer des déséquilibres hormonaux.


Les perturbateurs endocriniens sont présents dans de nombreux produits d'utilisation quotidienne: Plastiques, déodorants, vernis à ongles, emballages alimentaires, pesticides, papier thermosensible (reçus/factures), retardateurs de flammes, revêtements anti-adhésifs... Le but de cet article n'est pas de t'affoler et de te faire conclure qu'un produit va directement mener à un débalancement hormonal. Il faut plutôt le voir comme une accumulation de nombreux produits qui peuvent avoir un impact négatif sur la santé sur le long terme. Je suis d'avis que la précaution est de mise, et que chaque consommateur mérite de savoir ce que contiennent les produits du quotidien.


Voici certains problèmes hormonaux ayant un lien avec les perturbateurs endocriniens (1):

  • Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)

  • Puberté précoce

  • Menstruations irrégulières

  • Endométriose

  • Résistance à l'insuline et syndrome métabolique

  • Acné

  • Dépression

  • Enjeux de fertilité


En lisant cette liste (qui n'est certe, pas exhaustive), je n'ai qu'envie de diminuer la présence des perturbateurs endocriniens dans mon environnement. Alors, par où commencer?



Principaux perturbateurs endocriniens et où est-ce qu'on les retrouve


  1. Phtalates

    Les plus courants: BBP (phtalate de benzylbutyle), DBP (phtalate de dibutyle), DEP (phtalate de diéthyle), DEHP (phtalate de di-2-éthylhexyle) et DINP (phtalate de di-isononyle)(2)


    Utilisation: Dans les plastiques pour augmenter leur flexibilité


    On les retrouve dans: fragrances, fixatifs pour les cheveux, déodorants, gels et mousses pour cheveux, vernis à ongles, shampoings, savons, lotions pour le corps, produits flexibles en PVC (tel rideau de douche, couche, contenant pour la nourriture), jouets pour enfants, plastique pour la nourriture, etc.


    Impacts: Possibles impacts sur la fertilité, associés au syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), à l'endométriose, à la prise de poids, à la résistance à l'insuline et au diabète.


  2. Pesticides/Herbicides

    Les plus courants: Glyphosate (le «Roundup») et atrazine

    Glyphosate : composant majeur dans la production d’aliments «OGM» (organismes génétiquement modifiés)

     

    Atrazine : herbicide utilisé de manière importante au Canada, surtout pour la destruction des mauvaises herbes dans les cultures de maïs et du lin, et pour détruire la végétation dans les secteurs industriels3. On peut le trouver dans de l’eau potable contaminée. Santé Canada précise que les résidus dans les aliments sont rares.


    Impacts : En général, les pesticides et herbicides sont reliés à des taux de progestérones plus bas, une phase lutéale réduite, fertilité réduite, augmentation en insuffisance ovarienne primaire.


    -Glyphosate : Relié à l'activité oestrogénique, interfère avec la production d’hormones, affecte la thyroïde.

     

    -Atrazine : Lien avec arrêt de grossesse, cancer du sein, SOPK, fibromes utérins, cycle menstruel altéré, puberté retardée.


  3. Bisphénols

    Noms communs: BPA, BPS


    Utilisation: synthèse de plastiques et résines servant à la fabrication de beaucoup de produits du quotidiens (alimentaires et non alimentaires).


    On les retrouve dans : Bouteilles d’eau, contenants pour les aliments, articles de vaisselle, pichets, papier thermosensibles (factures/reçus), revêtement intérieur des boîtes de conserve et des canettes, amalgames dentaires, vernis, adhésifs4.


    Impacts : Altération des hormones thyroïdiennes et des œstrogènes, associé à l’auto-immunité, l’infertilité, l’endométriose, résistance à l’insuline, fonction reproductive féminine et masculine.


  4. Retardateurs de flammes

    Noms communs : RFB, PBDE (les plus courants)

     

    Utilisation : Prévention de formation de flammes lorsque mis en contact avec la chaleur

     

    On les retrouve dans : Isolants, matériaux de construction, jouets pour enfants, ideaux, tapis, matelas, sofas, téléviseurs…5

     

    Les produits traités aux RFB en relâchent constamment dans l’environnement. L’air, les sols et l’eau se retrouvent donc contaminés, et on en retrouve ainsi dans la chaîne alimentaire (poisson, viande, produit laitier) 6.

     

    Impacts: Hormones thyroïdiennes, déficits d’attention et problèmes de motricité, ralentissement du développement du cerveau, troubles hépatiques.


  5. Substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylés

    Nom commun: PFAS


    Utilisation : antiadhésif, antitaches, émulsifiants, imperméabilisants

     

    Où on les retrouve : Mousse anti-incendie, revêtements anti-adhésifs (ex : Teflon), produits imperméabilisants (ex : Gore-Tex), emballages alimentaires, meubles résistants aux taches, produits cosmétiques, emballage de maïs soufflé pour micro-ondes, peinture.

     

    Impacts : Débalancement des lipides dans le sang, augmentation du risque de cancer du rein, maladie de la thyroïde, diminution de la réponse immunitaire à la vaccination, baisse du poids à la naissance(7).

  6. Pesticides organophosphorés et organochlorés

    Nom commun: POP


    Utilisation : Pesticide

     

    On le retrouve dans : Nourriture, ordinateurs, réfrigérateurs, retardateurs de flammes

     

    Impact : Réduit la croissance folliculaire, la viabilité des ovules, la fertilité et les fonctions thyroïdiennes. Débalancement du microbiote, augmente le risque de maladie auto-immune, lié à la résistance à l’insuline et au diabète.


  7. «Metalloestrogènes»

    Définition : métaux qui peuvent interférer avec les récepteurs à oestrogènes

    Métaux concernés : aluminium, cadmium, antimoine, arsenic, chrome, cuivre, plomb, mercure…

     

    On peut en retrouver dans: produits cosmétiques, anti sudorifiques, fumée de cigarette, pollution intérieure de l’air, produits faits à base de concentrés de riz (ex : sirop de riz).

     

    Impacts : Interfère avec la fonction reproductive féminine, fertilité diminuée, dysfonction thyroïdienne, cancer du sein.



Voici donc quelques pistes pour commencer à diminuer la quantité de perturbateurs endocriniens au quotidien:


  1. Bye le plastique. Commence à remplacer le plastique dans la cuisine par le verre, le bois ou l'acier inoxydable. Contenants pour les repas, ustensiles, planches à découper...Garde aussi en tête que le plastique relâche davantage de microplastiques lorsqu'il est chauffé ou refroidi. Il est donc judicieux, par exemple, de transférer ton repas dans une assiette en céramique au lieu de faire chauffer le contenant au micro-ondes. De plus, j'éviterais de réutiliser des plastiques qui ne sont pas faits pour l'utilisation qu'on veut en faire. Par exemple, mettre mes restes de soupes chaudes dans des pots de yogourts...

  2. Porter attention aux produits cosmétiques que tu achètes. Je mets l'accent ici sur le fait de ne pas partir en peur et de tout jeter les produits que tu as déjà. Mais lorsque tu auras besoin d'un nouveau déodorant ou shampoing par exemple, regarde les ingrédients et opte pour une option sans perturbateur endocrinien. J'aime beaucoup aller au Avril Supermarché ou dans les épiceries en vrac/zéro déchet car la vente de produits sains et locaux est priorisée.

  3. Choisir les bons outils pour la cuisson en cuisine. Beaucoup de poêles et casseroles contiennent des PFAS. Et elles relâchent encore plus de substances toxiques lorsque le revêtement est rayé. Il vaut donc mieux jeter les poêles abimées et prioriser l'utilisation d'acier inoxydable, de fonte et de céramique.

  4. Remplacer les produits ménagers par des options non-toxiques. Ce qui a été nommé au point précédent s'applique également ici. J'apprécie beaucoup les produits de la marque Pure car ils sont québécois, non-toxiques et se vendent en vrac!

  5. Prioriser une alimentation biologique. Je sais que cette option vient avec des coûts supplémentaires et n'est pas accessible à tous.tes. Personnellement, j'arrive à trouver de très bons prix en magasinant les rabais dans les épiceries biologiques! Ce qui me motive à absorber des coûts plus chers en épicerie (vs. non bio), c'est en considérant l'alimentation comme un investissement à long terme pour ma santé et pas seulement une dépense.

    Une bon premier pas à faire est d'éviter d'acheter les aliments les plus contaminés en pesticides, nommés dans la liste des «dirty dozen» publiée à chaque année par le

    Environmental Working Group: https://www.ewg.org/foodnews/dirty-dozen.php .


    Les épinards sont à la tête de la liste des «dirty dozen»
    Les épinards sont #1 de la liste des «dirty dozen»; ils sont donc le légume contenant le plus de résidus de pesticides.

    Conclusion

    Les problèmes de santé et débalancements hormonaux sont complexes et multifactoriels, et les perturbateurs endocriniens ne sont qu'une variables parmi plusieurs. Mon souhait est que cet article te serve à faire des choix mieux éclairés par rapport à tes futurs achats et utilisations du quotidien.


    Personnellement, ça a été un plaisir pour moi de faire la transition vers une mode de vie plus sain, car par le fait même, j'encourage davantage les entreprises d'ici qui ont à coeur la santé humaine et celle de la planète.


    Bonne transition!


Sources:






 
 
 

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